Ça y est : le Tribunal administratif du logement (TAL) a publié ce lundi 19 janvier sa suggestion annuelle de hausse des loyers pour l’année 2026 au Québec. Il s’agit de la première publication depuis la réforme du calcul du pourcentage servant à la fixation des baux, entrée en vigueur le 1er janvier dernier.
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Pour les baux débutant entre le 2 avril 2026 et le 1er avril 2027, le pourcentage de base recommandé est fixé à 3,1 %, tandis que la portion du loyer liée aux services rattachés à la personne même du locataire peut augmenter jusqu’à 6,7 %.
À titre de comparaison, pour les baux ayant débuté entre le 2 avril 2025 et le 1er avril 2026, le pourcentage de base s’élève à 4,5 %, alors que celui applicable aux services personnels est établi à 6 %. Ces données servent de référence lorsqu’une demande de fixation de loyer est déposée devant le TAL, peut-on lire.
Jusqu’à l’an dernier, les recommandations du Tribunal reposaient sur une méthode datant des années 1980, fondée sur plus d’une douzaine d’indicateurs économiques compilés par Statistique Canada.
Une méthode de calculs revisitée
Depuis janvier 2026, le calcul a été simplifié et s’appuie désormais sur quatre indicateurs précis. L’inflation est notamment évaluée à partir de l’Indice des prix à la consommation pour l’ensemble du Québec, selon une moyenne mobile des trois dernières années plutôt que sur une seule année.
Les taxes foncières municipales et de services sont également prises en compte, selon leur variation entre la période de référence et l’année suivante, en fonction de la part attribuable à chaque logement.
Le règlement prévoit par ailleurs une liste détaillée de travaux pouvant être considérés comme des dépenses justifiant une hausse de loyer. On y retrouve notamment la réfection de la toiture ou des fondations, les rénovations majeures de cuisine ou de salle de bain, le remplacement des portes et fenêtres, les travaux visant à améliorer l’efficacité énergétique ainsi que la mise aux normes des systèmes de sécurité.
Pour te donner une idée de la hausse qui pourrait t'attendre, on t'a calculé tout ça, selon un loyer de 1 000 $, 1 300 $ et 1 500 $.
- Pour un loyer de 1 000 $, l’augmentation serait d’environ 31 $, ce qui ferait passer le loyer à 1 031 $ par mois.
- Avec un loyer de 1 300 $, la hausse serait d’environ 40,30 $, pour un nouveau total de 1 340,30 $.
- Enfin, pour un loyer de 1 500 $, l’augmentation atteindrait environ 46,50 $, ce qui porterait le loyer mensuel à 1 546,50 $.
Terrain d'entente possible
Le TAL rappelle que les locataires et les proprios peuvent toujours s’entendre librement sur une hausse de loyer qui convient aux deux parties, lors du renouvellement du bail. Sa date limite est d'ailleurs le 31 mars de chaque année pour un contrat de location de 12 mois ou plus.
En cas de désaccord, le ou la propriétaire dispose d’un délai d’un mois après la réponse du ou de la locataire pour s’adresser au tribunal administratif et demander la fixation du loyer. Les délais sont toutefois de plus en plus long.
En 2024-2025, 22 123 demandes de fixation de loyer, dont 97 % ont été faites par les propriétaires. Le temps de traitement moyen est ainsi passé à quelque neuf mois avant d'être entendu, selon le rapport annuel du TAL.
Si aucune démarche n’est faite, le bail est reconduit aux mêmes conditions. Il y a donc un gèle du loyer pour l'année à venir. Des règles particulières s’appliquent toutefois à certains logements, notamment ceux construits ou convertis depuis cinq ans ou moins, ainsi qu’aux logements à loyer modique et aux coopératives.
