Pour ou contre la contraception gratuite au Québec? Voici combien ça coûterait à l'État

« Spoiler » : Ce n'est pas aussi cher que tu pourrais le croire.

Des pilules contraceptives.

Le gouvernement économiserait à rendre la contraception gratuite au Québec, selon une étude de l'IRIS.

Phattana | Dreamstime

Rendre la contraception entièrement gratuite au Québec coûterait beaucoup moins cher qu'on pourrait le croire et pourrait même permettre à l'État de réaliser des économies à moyen terme. C'est la conclusion à laquelle arrive l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS).

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Dans son rapport intitulé La contraception gratuite au Québec : calculs des coûts et retombées, publié ce jeudi 11 juin, l'IRIS s'est appuyé sur des données de la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), des études internationales ainsi que sur les résultats du programme de gratuité mis en place en Colombie-Britannique en 2023 pour estimer le coût réel d'une telle mesure au Québec.

Au Québec, les dépenses annuelles liées à la contraception atteignent environ 91,4 millions de dollars. De ce montant, 27 % sont assumés par les personnes utilisatrices, 57 % par les assureurs privés et seulement 16 % par l'État.

À l'heure actuelle, la gratuité est limitée à certains groupes, dont les moins de 18 ans, certaines personnes étudiantes et les prestataires d'aide de dernier recours. La majorité des personnes de 15 à 49 ans n'y ont donc pas accès.

Quel serait le coût réel de la gratuité?

Si le Québec adoptait un programme similaire à celui prévu dans le régime fédéral d'assurance médicaments, couvrant notamment les stérilets hormonaux et au cuivre, les implants contraceptifs, la pilule, les injections et l'anneau vaginal, le coût brut annuel serait d'environ 64,1 millions de dollars.

Toutefois, une fois prises en compte les économies associées à la réduction des grossesses non planifiées, les coûts plus bas des médicaments négociés par le régime public, notamment, la facture nette tomberait à près de 22 millions de dollars par année.

L'exemple de la Colombie-Britannique

Depuis l'instauration de la gratuité en Colombie-Britannique en 2023, l'utilisation des contraceptifs réversibles à longue durée d'action (LARC) a augmenté de 49 % en seulement 15 mois, particulièrement chez les personnes âgées de 20 à 39 ans.

Selon une étude publiée dans le BMJ en 2025, cette hausse s'est maintenue dans le temps. L'IRIS estime qu'un scénario semblable pourrait se produire au Québec, où l'on recense chaque année entre 45 000 et 50 000 grossesses non planifiées.

À ce jour, la Colombie-Britannique, le Manitoba, l'Île-du-Prince-Édouard et le Yukon ont tous signé une entente avec Ottawa pour obtenir du financement fédéral en matière de contraception. L'IRIS souligne que rien n'empêche le Québec de faire de même.


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