Caro Vezina d'OD se confie sur sa performance avec Bad Bunny à la mi-temps du Super Bowl

C'était juste incroyable! 🔥

La danseuse Carol-Ann Vezina, connue à Occupation Double. Droite : Bad Bunny aux Grammys.

La danseuse Caro Vezina a dansé à la mi-temps au Super Bowl LX aux côtés du chanteur Bad Bunny.

Courtoisie de Carol-Ann Vezina, @badbunnypr | Instagram

Après avoir partagé la scène avec plusieurs célébrités comme Karol G, Shania Twain et Snoop Dogg la Québécoise et danseuse professionnelle Carol-Anne Vezina, que tu connais pour son passage à la téléréalité Occupation Double Dans l'Ouest, brille encore une fois de plus à l'internationale : elle a performé au spectacle de la mi-temps du Super Bowl LX. Et pas n'importe lequel : ce dimanche 8 février, tous les regards étaient tournés vers le Levi's Stadium de Santa Clara, en Californie.

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Les Seahawks de Seattle ont remporté une victoire écrasante de 29-13 contre les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Mais c'est le concert de la mi-temps qui nous intéresse principalement.

Pour assurer le très attendu spectacle, la NFL a misé sur le chanteur portoricain Bad Bunny (Benito Antonio Martínez Ocasio), couronné de l'album de l'année aux Grammy Awards 2026. Et il a fait l'histoire en devenant le premier artiste à performer entièrement en espagnol lors d'un spectacle de la mi-temps du Super Bowl.

Un choix qui n'a pas fait l'unanimité. Certains partisan.e.s du président américain Donald Trump ont vivement critiqué la décision, estimant qu'un artiste anglophone aurait été plus approprié. Après la performance, le président a d'ailleurs publié sur Truth Social que c'était l'un des pires spectacles de mi-temps jamais présentés et une « gifle au visage » de l'Amérique.

« Nobody understands a word this guy is saying, and the dancing is disgusting [...]» (Personne ne comprend un mot de ce que ce gars dit, et sa façon de danser est dégoûtante.)

Heureusement, des millions de personnes ont compris ce que Bad Bunny disait, puisque le message était très clair, et même affiché en immenses lettres sur le tableau d'affichage : « The only thing more powerful than hate is love », soit « La seule chose plus puissante que la haine, c’est l’amour ». Au lieu de partager la colère que plusieurs ressentent envers la police de l'immigration américaine (ICE), il a décidé de combattre le tout par la douceur, l'amour et l'inclusion.

La performance était aussi un hommage à Porto Rico, un territoire non incorporé des États-Unis, ce que plusieurs Américain.e.s oublient parfois. Elle était parsemée de références à un barrio de Porto Rico : des danseurs portant des chapeaux pava, des hommes plus âgés jouant aux dés autour d'une table, des portoricain.e.s qui dansent un peu partout, et la maison typique portoricaine, la casita. Devant la casita, on pouvait apercevoir des célébrités d'origines latines, dont Karol G, Jessica Alba, Cardi B et Pedro Pascal.

Le spectacle s'est terminé sur un message puissant. Alors qu'un chœur de chanteurs interprétait DtMF, la chanson titre de son album qui s'est mérité les honneurs, Bad Bunny a mené une file de porte-drapeaux agitant les couleurs de divers pays d'Amérique. Le chanteur a fait comprendre que l'Amérique, ce n'est pas que les États-Unis : c'est le Chili, l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay, la Bolivie, le Canada (oui, on a tous et toutes un peu capoté quand il nous a nommés) et bien d'autres pays. « God bless America », a-t-il déclaré, tout en brandissant un ballon de football qui disait « Together, we are America » (Ensemble, nous sommes l'Amérique).


Un Québécois et Une Québécoise sur la plus grande scène du monde

Pour Carol-Anne Vezina, cette participation au Super Bowl représente une étape charnière de son parcours professionnel, mais elle porte aussi une forte charge symbolique. Dans un contexte social et politique particulièrement tendu aux États-Unis, prendre part à un événement aussi rassembleur, inclusif et universel la remplit de fierté.

« Cette expérience va bien au-delà d'une opportunité artistique. Être sur scène à un moment qui rassemble des millions de personnes à travers le monde, c'est extrêmement émouvant. J'ai l'impression de porter un peu du Québec avec moi », confie la danseuse à Narcity.

Et elle n'était pas seule. Il y avait également un autre Québécois, Justin Corbo. « Nous avons tous les deux déménagé à Los Angeles pour poursuivre nos rêves, et il s'agit de l'un de nos premiers gros contrats ensemble », révèle Carol-Anne.

Un processus d'audition rigoureux

Le chemin vers le Super Bowl n'a pas été de tout repos. « J'ai reçu un courriel de mon agence à Los Angeles concernant les auditions. Tu devais donc d'abord faire partie d'une agence pour être invité à l'audition et avoir ton nom sur la liste. Malgré que ceci n'était pas un "open call", il y a eu tout de même des centaines de danseurs qui se sont présentés à l'audition. Je me rappelle voir la file de gens et fait : "OMG" », raconte-t-elle.

« Le processus d'audition s'est étalé sur environ une semaine. Une première audition a eu lieu, suivie d'une audition spécifique à la catégorie salsa, puis d'un callback. Finalement, j'ai reçu un courriel de félicitations et de confirmation de mon agence durant le temps des Fêtes alors que j'étais au Québec, et quelques temps après j'étais de retour vers Los Angeles pour les répétitions. »


Des semaines d'efforts intensifs

Tu t’en doutes : un projet d’une telle ampleur, gardé secret pendant des mois, demande un investissement colossal : des semaines d'entrainement, avec des répétitions allant jusqu'à 12 heures par jour.

« Nous sommes en répétition depuis le 7 janvier, presque tous les jours, avec à peine quelques journées de congé. C’est un processus extrêmement intense, surtout à l’approche du spectacle : ça devient pratiquement nonstop. Il reste très peu de place pour autre chose. Depuis un mois, c’est essentiellement tout ce que je fais. J’ai à peine l’énergie de faire mon lavage… ça te donne une idée! », confie Carol-Ann en riant.

L'ampleur du projet était monumentale : « Nous sommes énormément de danseurs, au-delà de 150! » D'ailleurs,pour elle, le spectacle dépasse largement la performance artistique.

« Je crois que l’ensemble du spectacle représente un moment extrêmement fort. Surtout avec tout ce qui se passe actuellement aux États-Unis, c’est un moment à la fois historique, culturel et politique. C’est la première fois qu’un artiste latino, chantant en espagnol, est en tête d’affiche du spectacle de la mi-temps du Super Bowl. C’est un moment pour unir, inclure tout le monde et redonner de l’espoir, apporter un peu de lumière. Et en plus, les artistes invités à la performance… wow! Ils ont été dévoilés pendant nos répétitions à San José et je ne m’y attendais vraiment pas. Ça ajoute encore plus d’envergure à la performance, selon moi. »


Et après le Super Bowl?

Pour Carol-Anne, l'aventure est loin d'être terminée. « Après le Super Bowl, je retourne à Miami pour des répétitions, et ensuite j'ai un spectacle de prévu avec Ozuna en Europe à la fin du mois. Et possiblement d'autres spectacles de prévu cet été avec un autre artiste, mais pour être honnête, ma carrière est vraiment du jour au jour, go with the flow, tout change très vite. C'est très rare que je sache à l'avance ce qui se vient pour moi, just gotta keep going and trust the process. Tout est vraiment très dernière minute dans ce milieu. »

Entre deux contrats, la danseuse donne au suivant : « Je continue de faire du mentorat avec de jeunes danseurs qui rêvent de suivre le même chemin, et c'est vraiment gratifiant de pouvoir les aider et les motiver à poursuivre leurs rêves. »

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