Télétravail et impôts : Voici exactement ce que tu peux (et ne peux pas) déduire en 2026

Tu ne voudrais pas passer à côté d'un crédit important! 😏

Une femme en télétravail.

Il existe encore bien des dépenses que tu peux déduire de tes impôts si tu fais du télétravail.

Bien que le plus gros de la pandémie de COVID-19 soit derrière nous, le télétravail est encore la norme pour bien des sphères de métiers. Si tel est ton cas, au moment de faire ta déclaration d’impôt au Québec, peux-tu encore déduire certaines dépenses liées au travail à domicile et recevoir des crédits d’impôt?

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Si tu te souviens des premières années de la pandémie, le gouvernement fédéral avait instauré, pour l’année d’imposition 2020, une méthode simplifiée pour déduire les dépenses liées au télétravail, afin de faciliter les déductions liées au télétravail. Elle permettait de réclamer 2 $ par jour travaillé à la maison, jusqu’à un maximum de 500 $.

Cette mesure a toutefois pris fin après l’année fiscale 2022. Depuis 2023, il faut de nouveau utiliser la méthode détaillée pour réclamer des dépenses.

« Ça a été mis de côté. C’était une mesure qui était temporaire étant donné le contexte pandémique », explique en entrevue avec Narcity Québec Vincent Fortier, directeur principal en fiscalité chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Les règles générales

Tout le monde ne peut pas déduire des frais comme bon lui semble. On revient aux règles usuelles. D’abord, « il va falloir que l’employeur de la personne salariée remplisse un formulaire fiscal, le T2200 ».

Encore faut-il que l’employeur t’oblige réellement à engager certaines dépenses pour travailler de la maison, comme l’achat d’un bureau parce qu’aucun n’est fourni.

« À partir de là, il va se dégager quelques dépenses que vous allez pouvoir déduire avec votre déclaration de revenus, comme l’espace que vous utilisez pour le télétravail », indique M. Fortier.

La pièce peut être entièrement dédiée au travail, mais elle peut aussi être partagée, comme le salon ou la cuisine.

« Là, c’est à la personne de venir dire “Quelle est la superficie que la pièce représente?” Dans ma maison, dans mon appartement, est-ce que je l’utilise uniquement pour le travail ou est-ce que c’est une pièce partagée, par exemple », ajoute-t-il.

Autrement dit, tu ne peux pas décider de ton plein gré que tu vas réclamer des dépenses : il faut que les conditions soient remplies.

Le calcul de l'aire de travail

Contrairement à la méthode simplifiée, qui n’exigeait aucun calcul ni aucune précision, on est ici dans une tout autre réalité.

Tu vas devoir calculer non seulement la superficie de la pièce utilisée chez toi, mais aussi le temps pendant lequel elle est utilisée dans une semaine, ce qui, au final, « peut donner un pourcentage qui est assez faible des dépenses ».

« Si c’est un bureau de 10 pieds par 12 pieds, que vous avez une superficie d’appartement totale de 1000 pieds carrés, on est tout de suite là à 12 % seulement de la superficie. », illustre le fiscaliste.

À garder en tête : ces 12 % pourront aussi s’appliquer à ta facture d’internet et d’hydroélectricité.

En revanche, si tu travailles sur la table de la cuisine, donc dans une pièce qui ne sert pas uniquement au boulot, tu devras répartir le nombre d’heures d’utilisation sur 168 heures, soit une semaine complète, ce qui rendra le taux de dépenses « très faible ».

« Il faut savoir que la pièce doit être utilisée plus de 50 % du temps pour le travail ou qu’elle soit utilisée uniquement pour rencontrer des clients ou des gens dans le cadre du travail », mentionne l’expert.

L'utilisation de la voiture pour le boulot

Si ton employeur t’exige de te déplacer en voiture pour te rendre à un endroit précis, que ce soit chez une personne cliente ou sur un chantier, par exemple, tu pourras déduire la proportion de ton usage de l’auto qui est faite pour les affaires.

« Il faut faire bien attention au trajet pour se rendre de votre maison à votre emploi. Ce n'est pas un trajet d'affaires », rappelle M. Fortier.

À noter que, comme pour la résidence, l’employeur doit certifier qu’il t’oblige à utiliser ton véhicule dans le cadre de tes fonctions.

Si tu travailles à ton compte, l’étendue des dépenses est beaucoup plus grande, selon le fiscaliste. Il faut toutefois se questionner à savoir si telle ou telle dépense a été engagée pour l’entreprise.

Dans ce cas, tous les déplacements à partir de la maison seront déductibles.

Propriétaire et locataire, deux scénarios différents

Il y a des choses qu’une personne qui loue un appartement ou une maison peut déduire qu’un propriétaire ne peut pas.

« Si on est propriétaire, on ne peut pas venir déduire les taxes foncières, les assurances, les intérêts, etc., explique Vincent Fortier, précisant que les frais d’entretien et l’hydroélectricité peuvent toutefois faire partie des déductions possibles.

À l’inverse, si tu es en location, tu peux déduire ton loyer, mais toujours selon le même pourcentage. Grosso modo, si on pense aux frais de bureau à domicile, aux frais de déplacement, à l’hébergement, à l’achat d’un ordinateur pour le travail, aux fournitures, à la papeterie et aux crayons, tout ça peut être déduit.

Somme toute, une personne ne pourra pas déduire plus que la totalité de son salaire. Autrement dit, si ton salaire est de 100 000 $ par année, tu ne pourras pas demander une déduction de 110 000 $ pour le télétravail.

Et si tu pensais pouvoir gonfler le pourcentage de la superficie de la pièce utilisée pour le télétravail, disons une déduction de 30 %, 40 % ou 60 %, il y a de fortes chances que le fisc provincial et fédéral se pose des questions et finisse par te demander des preuves concrètes.

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