9 choses que ta proprio ne peut pas te faire quand tu loues un logement au Québec

Connaitre ses droits en tant que locataire est essentiel.

Un appartement à louer.

Quand tu loues un appartement au Québec, il y a plusieurs choses que ta propriétaire n'a pas le droit de te demander.

Narcity Québec

Plusieurs personnes emménageront dans les prochaines semaines ou mois dans leur premier logement, hors de la maison familiale. Ceux et celles qui ne le savent pas, louer un appartement au Québec, c'est avoir un filet de sécurité juridique, encore faut-il savoir qu'il existe. Le Code civil du Québec et le Tribunal administratif du logement (TAL) définissent clairement ce que les propriétaires n'ont pas le droit de faire, que ce soit avant la signature du bail ou tout au long de la location.

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Entre les dépôts illégaux, les visites impromptues et les menaces d'expulsion sans motif valable, les abus existent. Le hic, c'est que bien des locataires ignorent qu'ils et elles ont des recours.

Une fois les locataires officiellement installé.e.s, d’autres règles entrent en jeu. Autrement dit, les propriétaires ne peuvent pas agir à leur guise.

Que tu signes ton premier bail ou que tu sois locataire depuis des années, voici neuf situations où la loi est clairement de ton côté.

Exiger un dépôt de garantie

Si ton futur ou ta future propriétaire te réclame un dépôt pour couvrir d'éventuels dommages en fin de bail, sache que c'est strictement interdit au Québec. L'article 1904 du Code civil du Québec est sans ambiguïté : la seule avance permise correspond au premier terme de loyer, et aucun versement ne peut dépasser un mois de loyer.

Peu importe comment ça s'appelle : dépôt de sécurité, garantie, caution... C'est illégal. Tu es tout à fait en droit de refuser.

Réclamer des chèques postdatés

Certains propriétaires demandent encore des chèques postdatés pour plusieurs mois à la fois. Le problème? C'est illégal, sauf si c'est toi qui en fais expressément la demande.

La loi interdit d'exiger toute somme autre que le loyer indiqué au bail, quelle qu'en soit la forme. Une clause qui prévoirait une telle pratique est nulle et sans effet — tu n'es pas tenu.e de la respecter.

Si ton ou ta proprio insiste, le Tribunal administratif du logement peut intervenir pour faire respecter tes droits.

Te demander des renseignements personnels confidentiels

Un.e propriétaire peut vérifier ta solvabilité avant de te louer un logement, mais ce droit a ses limites. Il ne peut pas exiger ton numéro d'assurance maladie, ton numéro de permis de conduire ou tout autre document qui dépasse le cadre d'une vérification de crédit standard.

En règle générale, tu n'as qu'à fournir ton nom, ta date de naissance et ton adresse actuelle, et ce, avec ton consentement. Le reste, tu peux le refuser sans que ta candidature en soit affectée, selon le TAL.

Te remettre un logement en mauvais état

Quel que soit le montant du loyer, tu as droit à un logement propre, habitable et sécuritaire dès la prise de possession. Moisissures, humidité excessive, vermine ou présence d'insectes nuisibles ne sont pas des conditions acceptables.

Si la situation perdure et que le ou la propriétaire ne fait rien, tu peux saisir le TAL. Le Tribunal met d'ailleurs à disposition des résumés de décisions portant sur l'état des logements pour t'aider à évaluer tes recours.

Laisser traîner les réparations urgentes

Une fuite majeure, une panne de chauffage en hiver, une serrure qui ne ferme plus ou une marche d'escalier défoncée : le ou la propriétaire a l'obligation légale d'intervenir rapidement et non lorsque ça lui convient.

Si tu dois toi-même pallier son inaction, tu peux réclamer le remboursement des frais engagés, facture à l'appui. En cas de refus, la loi te permet de déduire ce montant de ton prochain loyer, selon le TAL. Voici quelques exemples de réparations considérées comme urgentes :

  • une fuite grave dans la tuyauterie ou le toit;
  • un défaut dans les installations électriques;
  • un blocage du tuyau d'égout;
  • une panne de chauffage en période hivernale;
  • une serrure défectueuse sur une porte d'accès au logement.

Entrer dans ton appartement sans avertissement

Détenir les clés d'un logement ne donne pas au propriétaire le droit d'y entrer à sa guise. Pour toute visite — inspection, travaux planifiés ou autre — il ou elle doit t'aviser au moins 24 heures à l'avance et obtenir ton accord, qu'il soit verbal ou écrit.

Seules les réparations véritablement urgentes permettent au propriétaire d'agir sans délai, selon le TAL. Dans tous les autres cas, ton droit à la vie privée s'applique pleinement.

Modifier les conditions de ton bail en cours de route

Un bail, c'est un contrat en vigueur pour la durée convenue. Il n'est donc pas possible d'en modifier les conditions unilatéralement, que ce soit le loyer, les règles de l'immeuble ou quoi que ce soit d'autre, sans suivre la procédure prévue par la loi.

Pour un bail de 12 mois ou plus, tout avis de modification, y compris une hausse de loyer, doit être envoyé entre 3 et 6 mois avant l'échéance. Tu disposes d'un mois pour accepter ou refuser. Sans réponse de ta part, tu es présumé.e avoir accepté les nouvelles conditions.

Mais attention : tu peux refuser tout en restant dans ton appartement. Le bail est alors reconduit automatiquement aux mêmes conditions, et si les parties ne s'entendent pas, c'est le TAL qui tranche.

T'expulser sans motif légal valable

Ton bail te protège contre les expulsions arbitraires. Un propriétaire ne peut pas te mettre à la porte sans raison reconnue par la loi, par exemple :

  • la reprise du logement pour y habiter personnellement ou pour y loger un proche;
  • des travaux majeurs nécessitant que le logement soit libéré, temporairement ou définitivement;
  • la transformation du logement à des fins non résidentielles;
  • des manquements graves de ta part : loyers impayés, dommages importants ou troubles de jouissance répétés.

Dans tous ces cas, des procédures légales strictes s'imposent : avis formels, délais prescrits et, dans certains cas, autorisation préalable du TAL. Une éviction qui ne respecte pas ces étapes est illégale.

Changer les serrures sans ton consentement

Le Code civil du Québec est limpide à ce sujet : aucune serrure ni mécanisme limitant l'accès à un logement ne peut être posé ou remplacé sans le consentement des deux parties — locataire et propriétaire.

Si des changements sont convenus, le propriétaire doit impérativement remettre les nouvelles clés à ses locataires. Te modifier les serrures pour t'empêcher d'entrer chez toi est une pratique totalement illégale au Québec.

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